Se connaître soi-même pour dialoguer avec l’Autre
L’Organisme de gestion de l’école arménienne (OGEA) Markarian-Papazian de Lyon a eu l’idée originale d’inviter les membres du groupe Spitak, afin d’initier les élèves à la musique traditionnelle arménienne. Une initiative qui s’inscrit dans un projet global de transmission de la culture arménienne.
Actuellement, le débat sur l’identité nationale est très vif. Nous, les Français d’origine arménienne, il faut que nous sachions d’où nous venons et où nous allons. Nous devons d’abord connaître notre identité et notre culture pour pouvoir vivre avec les autres.” Par ces mots forts, Agop Boyadjian, président de Spitak, a souligné la nécessité de connaître et développer sa culture pour pouvoir mieux vivre avec les autres. Agop Boyadjian (doudouk) et les autres membres du groupe – Arousiak Guévorgian (kanone), Silva Karaohanessian (chant), Méliné Gazarian (shevi), Mihran Gazarian (oud) et Kévork Chekhermedian (dehol), qui ont visité les quatre classes de l’école Markarian-Papazian (CE1, CE2, CM1 et CM2) – ont présenté leurs instruments et répondu aux questions des élèves attentifs et curieux. Des séances ponctuées par des airs populaires et des chansons de troubadours arméniens à la fois gais et mélancoliques. “La musique accompagne une histoire. Le vécu se transmet par la musique. C’est la raison pour laquelle, dans nos chansons, il existe une mélancolie et une nostalgie”, décrit Agop Boyadjian qui enchaîne les chansons comme Karoun yégav et Déléyaman. Les enfants ont appris quelques règles fondamentales du solfège comme les rythmes binaire et ternaire ou les deux dynamiques de base, le piano et le forte, puis la séance s’est poursuivie par des explications précises et détaillées, des démonstrations et des questions-réponses.
Pour clore la journée, les élèves ont eu le privilège d’assister à un concert privé dans la salle Garbis Manoukian. Cette initiative a été bénéfique à plusieurs points de vue. Les élèves ont acquis un bagage de connaissances sur la musique traditionnelle arménienne, ses instruments et ses chants. Plusieurs d’entre eux se sont montrés motivés à l’idée d’apprendre à jouer un instrument arménien. Quant aux enseignants, ils ont découvert cette branche de la culture arménienne à travers cette rencontre, laquelle doit être suivie par d’autres afin d’aller plus loin. Un souhait exprimé par le directeur de l’école, Xavier Giroux, qui envisage de “renouveler cette expérience pour toutes les classes de l’école”. Selon lui, “une telle intervention est une bonne séance de découverte pour les élèves et d’évaluation diagnostique pour nous, enseignants. C’est le moyen pour les enseignants de rebondir sur cette intervention et lancer une séquence d'apprentissage complète dans le domaine des arts”. De toute évidence, la direction de l’école et l’OGEA sont sur la même longueur d’ondes, ce qui facilite la mise en place des projets communs. “Nous pouvons ainsi aborder des connaissances et travailler des compétences des programmes de l’école primaire. De plus, ce travail peut se terminer par la participation des enfants à un spectacle de groupe intervenant dans les semaines qui suivent. Tout un travail qui donne du sens aux apprentissages”, conclut le directeur.
Texte et photos
Arminé Adjamian